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Mal-être collectif & refus des désirs…

Aujourd’hui, un collègue coach se fait juger sévèrement sur les médias sociaux pour avoir partagé qu’il avait ressenti de la fascination pour sa conjointe, de 10 ans sa cadette, lorsqu’il l’a rencontrée il y a 10 ans et qu’elle était mineure. Il n’a pas tenté à l’époque de créer de lien, et ne lui a pas parlé pendant les 10 ans qui ont suivi leur rencontre. Le but initial de son message était le couple.

En milieu de semaine, une collègue danseuse et formatrice en énergétique se faisait violemment attaquer par des centaines de commentaires sur une vidéo de 8 secondes d’elle en train de danser librement les pieds dans un ruisseau. Le but initial de son message était la reconnexion à la / sa nature et l’invitation à le faire via son événement de danse extatique.

Suite à l’organisation d’événements de danse avec mon professeur étranger, j’ai reçu des messages haineux me donnant des intentions que je n’ai jamais eues. Le but initial pour moi d’organiser ces événements était d’offrir des opportunités d’apprentissage authentiques pour mes élèves et d’offrir à d’autres danseuses l’option de se joindre à nous.

En lisant les commentaires médisants sur les publications de mes collègues, mais aussi les messages que j’ai reçus, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que comme collectivité, on est profondément malade !

On se permet d’insulter des gens sur des perceptions et on est tellement déconnectés, qu’on se sent légitimes de ternir une réputation sans réelle réflexion de fond sur ce qui nous fait réagir…

Le premier réflexe le d’humain, c’est de juger. Pas de soucis ! C’est l’humain qui analyse pour se protéger. Mais ensuite, la méchanceté gratuite, les attaques publiques, les interprétations scénarisées affichées… on explique comment ? Si on prenait le temps de se questionner, on réaliserait que la personne qu’on a prise en grippe n’est pas l’ennemi, pas même la cause !

Ce matin, mon collègue coach n’a pas été jugé sur ses actions, ni ses intentions… mais bien les désirs, qu’il a osé exposer. Pourtant, on sait tous que l’humain est bourré de pulsions, primaires. Ce ne sont pas ces impulsions ou désirs qui sont problématiques. Ils sont simplement le signe d’être encore en vie.

Ce qui rend un désir malsain, c’est quand moralement ce désir porte des enjeux pouvant faire souffrir autrui, qu’on les entretient et qu’on passe à l’action quand même.

Par exemple, quel parent n’a jamais eu de pulsion intense de colère ? Assez pour que l’idée de frapper ou d’abandonner son enfant se pointe ? Je connais la réponse ! Mais, votre morale vous a dit que c’était « laid ». Vous vous êtes probablement isolé un moment pour vous calmer, et vous avez choisi une action différente. Vous n’êtes pas un monstre, vous êtes humain. La pulsion a été la boussole identifiant le besoin de repos, de soutien ou d’être respecté.

Un des problèmes, c’est qu’on est encore tellement inconsciemment ancrés dans de vieilles valeurs religieuses culpabilisantes, que le désir même est une faute. Ensuite, c’est qu’on n’est pour la plupart aucunement conscients des pensées restrictives de masse qui créent nos réflexions souvent polarisées à l’extrême. On classe en deux catégories ; bon ou mauvais. Quelqu’un qu’on admirait peut devenir détestable sous prétexte qu’il n’adhère pas complètement à notre vision du monde ou qu’il ne maintien pas l’idée (fantasmée!) qu’on se faisait de lui. Ça manque profondément de nuances.

Dans cet état d’esprit polarisé, si on ne se permet pas de désirer une vie différente, on jugera ceux qui font la promotion du changement intentionnel. Si pour soi, on n’a pas le droit de mettre notre bonheur et nos désirs en priorité, ceux qui le font sont forcément égocentrés. Si on ne se donne pas le droit de ressentir, ceux qui ressentent profondément sont dérangés, même instables. Et si on évite de conscientiser le fait que notre couple n’est que basée sur la stabilité matérielle, les couples où il y a du romantisme nous dérangent.

Et si on reprenait la responsabilité de nos émotions et réactions ? Chaque situation étant distortionnée par nos propres lunettes et formes-pensées, qu’est-ce qui nous fait réagir ? Comment ça fait écho à ce qu’on porte en soi ?

On peut se demander : Pourquoi ça me dérange que tu danses dans le ruisseau, et oses mettre ça sur Facebook ? Et trouver : Parce que je ne me permettrais jamais autant de liberté.

Ou encore : Pourquoi ça me dérange que tu exprimes à voix haute des désirs, même si tu n’as pas agi sur ceux-ci d’une manière malsaine ? Et répondre : Parce que je ne me permets pas de ressentir mes désirs.

Ou bien : Pourquoi je pense que ce sont des intérêts financiers qui te motivent à organiser tes événements ? Et s’avouer : Parce que c’est ce qui me motiverait, moi.

Est-ce qu’au lieu d’insulter autrui, on peut s’arrêter, respirer et revenir à ; la Conscience de Soi ?Plus d’intérêt pour ce qui est vécu en dedans. Plus de compassion pour ce qui est fait dehors.

Je l’espère !

XO Meyranie